Trans-Caucase 1955 : trois Américains, un train, deux soucoupes
- Nouvelles Ufologiques par le MUFON France

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Soyons clairs dès le départ : pour qui suit l'ufologie depuis des décennies, les bases de données récemment déclassifiées par le Département de la Défense américain ne livrent pas de révélation fracassante. Pas encore, en tout cas. Cela ne dispense pas de les éplucher consciencieusement, avec méthode et éthique, car certains cas historiques y dorment et méritent qu'on les remette en lumière. Le dossier que je vous présente aujourd'hui en est l'illustration parfaite. Neuf pages estampillées SECRET NOFORN. Rapport IR 193-55, daté du 14 octobre 1955, signé par l'attaché de l'US Air Force. Trois témoins de haut rang, dont un sénateur des États-Unis. Deux soucoupes volantes observées en plein cœur de l'URSS. Et un commentaire interne de l'USAF qui reconnaît noir sur blanc la « signification remarquable » de l'observation. Je vous laisse découvrir.

LE DOCUMENT
Le dossier porte la référence IR 193-55, daté du 14 octobre 1955, classifié SECRET NOFORN (interdiction de diffusion aux étrangers). Neuf pages, signées par le Lt. Col. Thomas S. Ryan, attaché de l'US Air Force à Prague.
Le rapport documente l'observation, le 4 octobre 1955 à 19h10, de deux engins en forme de disque par trois témoins américains voyageant en train à travers le Trans-Caucase soviétique, entre les gares d'Atjaty et d'Adzhijabul.
Les trois témoins :
Le sénateur Richard B. Russell (Démocrate, Géorgie), tout juste devenu président de la commission des Forces armées du Sénat américain, l'un des hommes les plus puissants de Washington à l'époque
Le Lt. Col. E.U. Hathaway, son aide militaire, officier de l'US Army
Ruben Efron, consultant de la commission et interprète russophone
Trois témoins formés à l'observation, dont la crédibilité institutionnelle est inattaquable.
Le rapport remontera très vite au plus haut niveau : dès le 15 octobre, l'observation figurera dans le Current Intelligence Bulletin de la CIA. Le 27 octobre, Herbert Scoville Jr., directeur adjoint du renseignement scientifique de la CIA, interrogera Russell en personne. Le 4 novembre, un mémo du FBI documentera également l'affaire.
En l'espace d'un mois : USAF, CIA et FBI sur le coup. Pour une simple confusion d'avions ?
L'OBSERVATION
Le 4 octobre 1955, à 19h10, le train américain quitte la gare d'Atjaty depuis dix minutes, en direction d'Adzhijabul, dans la région du Trans-Caucase soviétique.
Le sénateur Russell, assis côté gauche du wagon, aperçoit le premier le phénomène. Il se précipite à la fenêtre, appelle Hathaway et Efron. Hathaway arrive à temps pour voir le premier disque. Efron n'en aperçoit qu'un bref instant, le wagon étant encombré.
Le premier disque monte presque verticalement, à vitesse relativement lente, sa surface extérieure tournant lentement vers la droite (dans le sens horaire). Il atteint une altitude d'environ 6000 pieds, puis sa vitesse augmente brutalement et il file vers le nord.
Le deuxième disque, observé par les trois témoins cette fois, effectue exactement la même manœuvre, environ une minute plus tard.
Caractéristiques rapportées par les trois témoins :
Forme circulaire, ressemblant à un disque en vol
Surface extérieure tournant lentement dans le sens horaire
Deux lumières stationnaires en partie haute, situées entre le milieu et les extrémités du disque (un croquis fait à la main par Efron est inclus dans le rapport)
Étincelles ou flamme sortant de la partie basse au moment du décollage
Aucune protubérance, ni « bâtons », ni renflement visible
Pas de couleur particulière notable (le crépuscule tombait)
La zone de décollage est située à 1 ou 2 miles au sud de la voie ferrée. Les témoins observent à cet endroit deux projecteurs militaires soviétiques pointés presque à la verticale, dont les faisceaux suivent la trajectoire de montée des disques.
La réaction soviétique :
Immédiatement après l'observation, les conducteurs soviétiques du train deviennent agités, baissent les rideaux des fenêtres et refusent aux passagers américains la permission de regarder dehors. Ce comportement est noté comme un élément majeur par les témoins : il indique que les Soviétiques savaient parfaitement ce qui venait d'être observé.
LE DÉBRIEFING DE PRAGUE
Une fois sortis d'URSS, les trois témoins arrivent à Prague le 12 octobre 1955 à 21h45, à la gare Wilson, où ils sont accueillis par le chef de mission Harold Vedler et par l'attaché de l'air Lt. Col. Thomas S. Ryan.
Dès le soir même, à la résidence US, Hathaway prend Ryan à part et lui dit vouloir rapporter « quelque chose de la plus haute importance pour l'attaché de l'air », en ajoutant : « quelque chose que vous ne croirez peut-être pas, mais que vos gens (USAF) nous ont dit n'existe pas. »
Ryan suggère de ne rien discuter à la résidence pour des raisons de sécurité, et fixe un rendez-vous pour le lendemain matin.
Le 13 octobre à 9h00, débriefing formel dans le bureau de l'attaché de l'Army, le Col. Thomas Dooley. Présents : Hathaway, Efron, Dooley et Ryan. Russell est absent, retenu par le chef de mission et indisponible pour assister. Le débriefing dure environ une heure, jusqu'à 10h00, le groupe devant partir.
Hathaway et Efron répondent aux questions et fournissent des croquis. Hathaway ouvre le débriefing par cette phrase :
« Je doute que vous alliez croire ça, mais nous l'avons tous vu. Le sénateur Russell a été le premier à voir cette soucoupe volante, et il nous a appelés à la fenêtre, et nous avons tous deux vu la seconde. On nous a dit pendant des années que ça n'existait pas. Mais nous tous l'avons vu, y compris le sénateur Russell. »
Le rapport précise que Russell a vu le premier disque monter et passer au-dessus du train sur une trajectoire vers le nord, en décollant du côté sud de la voie ferrée.
Hathaway tient des notes détaillées qu'il consulte pendant le débriefing. Efron complète et apporte son soutien.
LES AUTRES OBSERVATIONS DU MÊME DOSSIER
Le rapport IR 193-55 ne se limite pas à l'observation des disques. Il documente également d'autres éléments rapportés par les témoins durant leur voyage :
À Baku (partie B du rapport) : observation d'un long train de wagons plats transportant des engins de débarquement de la taille d'une plateforme, avec emplacement arrière pour moteur hors-bord, dessus bâché. Présence d'hommes en uniforme inconnu.
À l'aérodrome de Dniepropetrovsk (partie C) : Hathaway compte 42 chasseurs à réaction trapus parqués au sol, ne correspondant ni aux Fagots ni aux Frescos connus, plus un bombardier multi-réacteurs avec des caractéristiques techniques précises (canopée avancée, train tricycle, ailes en flèche médianes, etc.). Aérodrome en herbe.
Près de Moscou (partie D) : à 42 km de Moscou sur l'autoroute Moscou-Minsk, à 200-250 yards du côté droit de la route, observation d'un site radar soviétique avec deux radars, identifiés provisoirement comme un Woodgage ou Gage et un Freya square type pole. Croquis inclus.
De Tiflis à Sotchi (partie E) : observation d'un gros hélicoptère ressemblant à une banane avec deux gros rotors principaux à chaque extrémité, doté de nombreuses fenêtres, différent du modèle connu aux États-Unis. Rencontre dans le train avec un Russe nommé Egorov, environ 55 ans, ancien pilote de l'un des vols transpolaires Russie-État de Washington de 1935 ou 1936, Héros de l'Union soviétique, présenté comme retraité mais voyageant suspicieusement dans la région du Trans-Caucase avec un jeune ingénieur. Egorov déclare avoir abattu 17 avions allemands pendant la Seconde Guerre mondiale.
Près de Sotchi (partie F) : observation d'un char T-34 sur un wagon plat, avec un frein de bouche très différent de ceux observés en Corée.
À la frontière tchécoslovaque (COP) : description détaillée du système de changement d'écartement des rails entre la voie russe et la voie tchèque (le wagon-lit étant soulevé par des vérins et reposé sur de nouveaux bogies à l'écartement standard).
Sur le trajet de COP à Prague : observation d'une usine produisant de grands wagons en aluminium, de très vastes gares de triage avec tours de garde, et de chantiers d'électrification de la ligne en cours avec rails préfabriqués.
LA CLÔTURE DU RAPPORT
Le commentaire final de l'USAIRA (United States Air Attaché Office) note :
« En raison du temps limité disponible pour le débriefing et des limitations physiques de notre bureau à Prague, rien de plus ne peut être rapporté de ces excellentes sources. »
Et plus haut, dans la section sur les disques, le même bureau écrit :
« La signification de ce rapport concernant le projet USAF "Unidentified Flying Objects" est remarquable et donne du crédit à de nombreux rapports de soucoupes. »
Le rapport est signé T.S. Ryan, Lt. Col. USAF, daté du 14 octobre 1955.
Il est déclassifié sous l'autorité NND 857013, par BF (NARA), le 12 novembre 199? (date partiellement lisible sur le tampon).
Conclusion : On dirait un scénario de film d'espionnage. Sauf que c'est un document officiel, signé par un Lt. Col. de l'US Air Force, classifié SECRET NOFORN, conservé pendant trente-cinq ans dans les archives du Pentagone avant d'être déclassifié. Et que les trois témoins, un sénateur, un colonel et un consultant du Sénat, ne sont pas des personnages de fiction.
Janny Charrueau


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